Bruno c’est près de 90 minutes non-stop de bouffonneries scabreuses, une avalanche de situations irrésistibles et incongrues. Troisième trublion excentrique créé par Sacha Baron Cohen pour son show Da Ali G Show, Bruno restera certainement dans les annales.
Son film se vit comme un coup de pied dans les bijoux de famille que beaucoup ne refuseront pas, tant ça fait du bien là où ça fait mal. Que ce soit devant un convertisseur de gay qui ne jure que par Jésus, au milieu d’une parodie de paix entre Israéliens et Palestiniens (hamas ou houmous ?!) ou dans une émission type Jerry Springer Show, Sacha Baron Cohen ne recule devant aucune atteinte à la morale, à la pudeur et à la bêtise humaine.
L’autodérision de Borat qui débordait largement avec les blagues sur les Juifs laisse la place à une critique du star system et à travers lui, des mâles hétérosexuels. Dans un monde où la télévision offre au premier venu l’occasion d’avoir son quart d’heure de gloire face à des millions de téléspectateurs, Bruno ridiculise Hollywood et s’assoit sur la bienséance. Cela semble facile, mais Sacha Baron Cohen va tellement loin dans l’abject, qu’il fait simplement ressortir le pire chez les gens (la séquence où les parents acceptent pour de l’argent de mettre en scène la crucifixion de leurs progénitures, de les habiller en nazis ou de leur faire perdre cinq kilos en une semaine est un sommet de malaise).